Institut de Gestion de l'Environnement et d'Aménagement du Territoire

L’appropriation matérielle et idéelle de l’écologie résidentielle : analyse sociologique des logiques habitantes

Némoz S., (2010), « L’appropriation matérielle et idéelle de l’écologie résidentielle : analyse sociologique des logiques habitantes », 3ième Colloque de l’Association de la Recherche en Psychologie Environnementale, Université de Bourgogne, Dijon, 9, 10, 11, et 12 juin.

A l’issue d’une thèse en sociologie sur la diffusion de la qualité environnementale dans le secteur du logement en France, il est ici proposé une communication centrée sur l’appropriation domestique de cette offre résidentielle. La signification et l’usage contemporains de l’éco-construction ne peuvent être présumés des références au développement durable que les politiques et les producteurs lui affirment aujourd’hui. En effet, leurs compréhensions de la notion de durabilité se sont avérées relativement diverses, au final de l’étude qualitative de ce marché émergent dans l’Hexagone. L’échantillon porte sur des résidences signalées pour leur réalisation neuve ou pour leur réhabilitation en harmonie avec l’écosystème. Ces opérations ont été sélectionnées tant du côté de la maison individuelle, isolée ou groupée, que du côté de l’immeuble collectif. Les bâtiments retenus par l’enquête procèdent de différentes maîtrises d’ouvrage, menées pour le compte d’autrui ou de son propre foyer, et ils rassemblent des statuts d’occupation variés : en accession ou en location. L’approche ethnographique a été préférée aux statistiques pour rendre compte de comportements encore minoritaires au regard des tendances générales, et compiler les témoignages jusqu’à ce que des points de repère, des logiques habitantes apparaissent. Ces propos ont été recueillis aux domiciles de plus d’une trentaine d’individus qui ont été encouragés à entreprendre le récit de leur vie résidentielle. L’entretien biographique a été employé car il permet de dépasser les discours stéréotypés, en confrontant la parole à une expérience directe.

Cette dernière nous intéresse particulièrement en tant que sociologue, puisqu’elle renvoie précisément à la dimension sociale de l’habitat durable, à savoir : la satisfaction à moyens ou longs termes des besoins essentiels des populations. Cela dit, les modalités concrètes de leur articulation avec une meilleure préservation de l’environnement restent encore largement à explorer. Aussi, cette communication se donne pour objectif d’analyser les manières dont les ménages rencontrés habitent l’écologie résidentielle, c’est-à-dire pensent et pratiquent un cadre bâti pour le bien-être avec les éléments naturels. La demeure s’inscrit comme son terme l’indique, dans une histoire au fil du temps personnel, avec ses interactions individuelles et collectives, ses apprentissages, ses manières d’agir et leurs représentations. Tous ces éléments sont à la portée de la microsociologie qui se concentre sur les rapports sociaux, en partant des objets, des espaces et de la temporalité dans lesquels les acteurs sont engagés et auxquels ils donnent sens. C’est ainsi que la question de l’habitation écologique sera approfondie au travers des aménités et des difficultés vécues, depuis la prise de décision de l’emménagement jusqu’à l’engendrement de la quotidienneté.

Réference

Némoz S., (2010), « L’appropriation matérielle et idéelle de l’écologie résidentielle : analyse sociologique des logiques habitantes », 3ième Colloque de l’Association de la Recherche en Psychologie Environnementale, Université de Bourgogne, Dijon, 9, 10, 11, et 12 juin.