Institut de Gestion de l'Environnement et d'Aménagement du Territoire

Humains et non-humains en pourparlers : l’Acteur en 4 Dimensions. Proposition théorique et méthodologique transdicsiplinaire favorisant l’émancipation de nouvelles formes de gouvernances environnementales. Application au domaine

Le doctorat de Léa Sébastien a porté sur la création d’un modèle conceptuel d’analyse d’inspiration sociologique, analysant un jeu d'acteurs autour d'une problématique environnementale.Intitulé l'Acteur en 4 Dimensions (A4D), il a été appliqué sur trois hydrosystèmes territorialisés au-travers d’une méthodologie évolutive. Développement durable socio-centré, gouvernance environnementale, acteurs faibles et absents : ces notions ont servi de fil rouge dans l’élaboration du modèle visant à faciliter une médiation environnementale sur un territoire.

Favoriser un état d’harmonie entre les humains et entre l’homme et la nature, voilà une des définitions du développement durable, selon le Rapport Brundtland. Développement durable, gouvernance, négociation, conservation ; ces quatre notions décortiquées, nos questions de départ sont les suivantes : (i) sur le plan théorique, comment s’articulent rapports social et patrimonial sur un hydrosystème territorialisé ? (ii) sur le plan pratique, comment fournir une aide à la négociation environnementale dans un contexte multi-acteurs ? Une proposition : l’Acteur en 4 Dimensions. Ce modèle conceptuel d’analyse issu d’une réflexion transdisciplinaire veut approcher un territoire par les relations entre humains (rapport social) et par les liens homme-nature (rapport patrimonial). Pour éprouver sa fiabilité au-travers d’une méthodologie évolutive, l’A4D est expérimenté sur trois territoires, ou trois hydrosystèmes : un terrain exploratoire, la Plaine du Forez (France), un terrain test, les pentes sud du Kilimandjaro (Tanzanie) et un terrain de validation, les Barthes de l’Adour (France). Sur chaque étude de cas, notre prototype vise à saisir la place attribuée aux acteurs faibles et aux acteurs absents, pour encourager une négociation plus écologique et une conservation plus humaine. Les résultats de l’A4D peuvent être mis en lumière par ce que nous appelons l’empreinte territoriale, un spectre graphique qui tend à illustrer la complexité des liens entre humains et non-humains. Vecteur de connaissances et de dialogue, notre modèle se veut à la fois opérationnel sur le terrain et emprunt de sciences humaines, et représente une nouvelle façon d’appréhender un territoire. Un objectif : tendre vers de nouvelles gouvernances qui associeraient chacune à leur façon diversité naturelle et culturelle.

Réference

Sébastien L. (2006) Humains et non-humains en pourparlers : l’Acteur en 4 Dimensions. Proposition théorique et méthodologique transdicsiplinaire favorisant l’émancipation de nouvelles formes de gouvernances environnementales. Application au domaine de l’eau sur trois territoires : la Plaine du Forez, les pentes du Kilimandjaro et les Barthes de l’Adour. Thèse de doctorat en Sciences et génie de l’environnement, code 398, Ecole des Mines, St-Etienne.