Institut de Gestion de l'Environnement et d'Aménagement du Territoire

COLLOQUE « CONCILIER EXPERTISE SCIENTIFIQUE ET PARTICIPATION : LE DÉFI POSÉ PAR LA CONVENTION EUROPÉENNE DU PAYSAGE »

RÉSUMÉS JOUR 1 - SESSIONS 1 & 2


COMMUNICATIONS ORALES

SESSION 1


Les outils et méthodologies

La CEP invite les parties signataires à identifier et qualifier leurs paysages. La session d’introduction s’interrogera sur le type d’outils mis en place et sur les méthodologies scientifiques envisagées, en tenant également compte de l’intégration de la perception, mise en avant dans la définition du paysage donnée par la CEP. La manière dont les différents instituts de recherche se sont positionnés pour cadrer objectivement ce sujet de recherche constituera le fil conducteur de cette session. Ce travail s’effectue à différentes échelles et selon une pluralité d’approches. Quelles sont ces méthodes, leurs forces et faiblesses ? Comment définir des objectifs de qualité dans des territoires en évolution ?

Pour entrer plus avant dans les méthodes appliquées, deux sessions visent à couvrir le volet des sciences de l’homme et ce à travers le regard des historiens et des sociologues. Que peuvent-ils nous dire des constructions paysagères dans le temps et dans l’évolution de leur signification aux yeux des hommes qui les façonnent ?

 

S1-9h55 [2.] Les principes de prise en compte du paysage dans la gestion forestière

D. Marchal
Département de la Nature et des Forets (DNF)
Service Public de Wallonie - Direction générale de l'Agriculture, des Ressources naturelles et de l'Environnement
Avenue Prince de Liège 7, B-5100 Jambes, Belgique
didier.marchal(at)spw.wallonie.be

En Wallonie, toute forêt publique de plus de 20 hectares d’un seul tenant est soumise à un plan d'aménagement. Parmi d'autres choses, il est demandé de tenir compte du paysage. La présente contribution détaille la méthodologie mise en place par le Département de la Nature et des Forêts pour intégrer les aspects paysagers dans la gestion forestière courante.

Lors de la phase d'analyse de la forêt à aménager, on évalue le caractère visible du massif forestier en repérant sur une carte topographique les principaux points depuis lesquels la forêt peut être vue. La visite de chacun de ces points sur le terrain permet d'identifier les zones les plus sensibles d'un point de vue paysager. Si l'on constate que la forêt n'est visible de nulle part, le volet paysager peut être réduit au strict minimum. Dans le cas d'une forêt bien visible, par contre, on étudiera les aspects paysagers de manière d'autant plus approfondie que la forêt est fréquentée. On peut donc classer les forêts à aménager dans diverses catégories, en fonction par exemple de leurs caractères d'isolement ou de fréquentation.

L'impact des opérations forestières courantes sur les principaux critères visuels est ensuite étudié. On constate par exemple que le boisement est une opération qui concerne tous les critères visuels envisagés dans cette approche : lignes et formes, forces visuelles, échelle, transition, diversité.

Des exemples permettent enfin d'illustrer les recommandations proposées pour réduire l'impact paysager des opérations forestières de gestion. Mieux prendre en compte les impacts paysagers de la gestion forestière et intégrer davantage la dimension paysagère dans les aménagements forestiers constituent des axes de réflexion qui se poursuivent au sein du Département de la Nature et des Forêts.

Mots clés : paysage, forêt, aménagement

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S1-10h15 [3.] La construction de l’objectivité des structures paysagères

J.-F. Seguin, R. Raymond, Y. Luginbühl
CNRS
10 rue de l'Evangile, 75018 Paris, France
chanjefseg(at)orange.fr

La méthode pour l’identification et la qualification des paysages employée en France tente de répondre aux attendus de la Convention européenne du paysage, en particulier la définition de paysage. Pour ce faire, une approche structuraliste est employée. Elle privilégie la connaissance des « interrelations entre les facteurs naturels et/ou humains ». Ces « interrelations » sont perceptibles par l’étude des « dynamiques et des pressions qui modifient [les paysages] » mais elles concernent principalement les « perceptions » et les « valeurs particulières qui leur sont attribuées par les acteurs et les populations concernés ».

Le pari qui guide ces travaux s’attache à « objectiver » dans les Atlas de paysages la notion cruciale de « aspirations des populations en ce qui concerne les caractéristiques paysagères de leur cadre de vie ». L’objectivité des structures paysagères repose sur des conventions sociales partagées par les populations. Ces populations s’organisent à différents niveaux géographiques, du local au global. Les paysages du quotidien mobilisent des conventions partagées par une population locale. Les paysages considérés comme remarquables mobilisent des conventions partagées par les populations locales, mais aussi par des populations nationales ou internationales. Parce qu’elles sont reconnues à de plus petites échelles, les conventions sociales qui fondent les structures paysagères des paysages considérés comme remarquables apparaissent plus objectives. Cependant, la nature de cette objectivité est la même que celle relative aux paysages du quotidien.

Cette analyse permet de comprendre pourquoi les différentes synthèses nationales ou internationales des opérations d’identification et de qualification privilégient les paysages considérés comme remarquables et négligent souvent les paysages du quotidien. Au-delà de ce constat pragmatique, elle invite à rechercher les moyens d’inscrire l’ensemble des paysages dans ces synthèses nationales, des paysages considérés comme remarquables aux paysages du quotidien, ainsi que nous y invite la Convention européenne du paysage.

Mots clefs : Structures paysagères, objectivité, perceptions

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S1-10h55 [6.] Multi-criteria analysis as a tool of landscape knowledge for a process of participatory governance

M. Tolli, F. Recanatesi, E. Trusiani
Sapienza University of Rome
Tuscia University – Department of Agriculture, Forests, Nature and Energy (D.A.F.N.E.)
Via San Camillo de Lellis, Viterbo, Italy

michela.tolli(at)gmail.com

"The European Landscape Convention (Council of Europe, FI 2000) has brought out the centrality of perception in the study of the landscape, like objective and scientific tools. The landscape is described by the same ELC as the result of the constant interaction between the physical - natural and socio-cultural components which, taken together, form a complex combination of objects linked by functional relationships such as to constitute an organic unity in constant evolution (Sestini, 1963). This complexity, in order to be understood, needs tools capable of synthesizing different and opposite dynamics, in order to manage the transformation of the territory in compliance with all its components.

The present study aims to provide to the public administration, cartographies and guidelines that serve as support in the choices of land transformation, starting from an ecological and perceptive study. The key tool used in the work is the multi-criteria analysis (MCA), this type of analysis is of strategic importance in the process of organization and synthesis of complex information and heterogeneous nature. In the present work we used a hierarchical MCA (Analytical Hierarchy Process, AHP) as it allows you to assign different priorities to available information and, through the application of fuzzy logic, you can also to relate feedback both quantitative and qualitative, otherwise not directly comparable. So, the MCA is helpful to synthesize the various landscape investigations carried out on ecological functionality studies, realized through the application of landscape ecology indices, and on a perceptive studies, carried out mainly through questionnaires submitted to the citizens of Cerveteri (Rome - Italy), town chosen as a case study.

Keywords: multi-criteria analysis (MCA), ecological and perceptive study, GIS, fuzzy logic

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S1-11h15 [10.] Mapping landscape types in the county of Nordland, Norway

L. Erikstad, NINA, L.A. Uttakleiv, A. Viak, R. Halvorsen
Norwegian institute for nature research (NINA)
Gaustadalléen 21, NO-0349 Oslo, Norway

lars.erikstad(at)nina.no

Landscape mapping has been increasingly sought after in Norway over the last decades. More more than 10 mill Euros has been used the last 10 years for this purpose in projects linked to environmental impact assessments, regional mapping for planning purposes etc. Lack of criteria make comparison from project to project difficult and the activity do therefore not add up into a national landscape map system. On a more general level a system does, however, exist (the national reference system for landscapes).The need to develop an effective system for mapping and classification of landscape types within the reference system or in a more updated digital wrapping has been identified. In Norway a new nature description system (Nature types in Norway) is under implementation. The system has several levels, stretching from substrates through nature systems (habitats) to landscapes. Addressing landscapes has offered a possibility to developing a criteria-based system for landscape typification and mapping. The system is based on identified landscape gradients based on numerical analysis of a large number of landscape attributes from map databases, aerial photographs and fieldwork. It operationalizate the European Landscape Convention landscape definition, which implies (i) a shift of focus from 'people' to 'people in general', i.e., to variation in general patterns of landscape properties , and (ii) that the term 'perceive' is interpreted in the meaning that focus shall be on observable properties. The system does therefore not include determination of landscape character and value, but these activities will benefit from a much better data situation than we see today. A full scale pilot study and a complete mapping have been done in the county of Nordland and these results will be presented.

Keywords: landscape types, mapping, national system

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S1-11h35 [16.] Visualizing and sharing successes in landscape transformations: some Italian examples

R. D'Onofrio
School of Architecture and Design – University of Camerino

rosalba.donofrio(at)unicam.it

Despite the unresolved conflict regarding responsibility between the national, regional, and local levels in matters of the landscape, Italy is rich in interesting experience, both more and less well known. Matured on the local scale, this experience has produced interesting ways of implementing the European Landscape Convention ( ELC) in the presence of several innovations introduced on the territorial scale (territorial plans and landscape plans). Much of this experience is directed at the landscape as a source of interpreting the value of the existing landscape and the conditions of its transformation, rather than as a result of limits and related administrative measures. In these new experiments there are some who identify a sort of “Italian way” regarding the landscape, which could acquire a special force if only it managed to combine the rigor of conservation with a plan for new transformation management that is founded as much on recognizing the insurmountable rights of the context as on the mobilization of local communities that form part of the country’s richness. Recent vast-area and local-scale planning experiences have started down this road and are working along two main themes: research that takes a synergic, multi-level, and multi-scalar approach to landscape planning and design; and research into a new language of local planning that is less linked to zoning and more open to researching new ways of “forming landscape” that use instruments and innovative techniques to make the transformation successes hypothesized by the urban plan more visualizable and therefore sharable by local communities and different players in the territory. Among the most important experience, the “Landscape Projects” in Emilia Romagna, the Municipal Structural Plan (PSC) of Reggio Emilia, and the Plan of the Territorial Government (PGT) of Mantua take on particular relevance.

Keywords: creating landscape, multi-scalar approach, multi-level approach, sharing

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S1-11h55 [47.] Inversez le système !

L. Couderchet, S. Nageleisen
Université Bordeaux 3 - CNRS UMR 5185 ADESS-CNRS
Maison des Suds 12 Esplanade des Antilles, 33607 PESSAC cedex

snageleisen(at)u-bordeaux3.fr

La convention européenne a mis en avant le caractère systémique du paysage : ""Paysage" désigne une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations."" Jusqu'alors les scientifiques ayant travaillé sur le "système" paysage (notamment JC. Wieber, 1981) ont mis en avant sa dualité entre matérialité (qui renvoie aux productions physiques) et perception qui renvoie aux représentations (d'un observateur ou d'un groupe d'observateurs). Souvent les systèmes proposés, (notamment le polysystème paysage bisontin de JC. Wieber) se caractérisent par un sens privilégié de fonctionnement allant de l’espace concret vers la perception. Quelles seraient les possibilités offertes par une inversion du système ? Qu’impliquerait une démarche allant de l’observateur vers l’espace concret ? Nous proposons ici une déconstruction/reconstruction du polysystème paysager de JC Wieber en interrogeant trente années d’utilisation du concept et surtout en montrant par de nombreux exemples concrets à quel point il serait fructueux de placer l'observateur au départ du système. Cette inversion permet de mieux concilier la participation, les représentations vernaculaires, les connaissances locales aux expertises scientifiques.

Mots clés : système, participation, paysage, aménagement du territoire

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SESSION 2

L’apport des témoignages des populations dans la construction d’outils de décision concernant le paysage

Il est aujourd’hui admis qu’une connaissance réelle des paysages ne peut faire l’impasse sur la manière dont les habitants les envisagent, les vivent, les ressentent. La connaissance acquise par la population (parfois depuis plusieurs générations) est une source précieuse tant dans l’élaboration d’outils de décisions que dans les décisions proprement dites. Quand et comment intégrer ces savoirs ? Peut-on réaliser certains outils de décision « universel » à partir de tels témoignages ?

Comment croiser ces ressentis avec les relevés plus systématiques et mesurables ? Paysages et témoignages sont-ils en adéquation ? Quel système de signification mettons-nous en place à travers ces lieux vécus, aimés, détestés ou ignorés ?

 

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S2-14h05 [28.] Le droit du paysage français étouffe-t-il les expertises citoyennes ?

A. de Lajartre
Université d'Angers
Faculté de droit d'Angers, 13 allée F. Mitterrand, BP 13633, 49036 Angers cedex 01, France

arnaud.delajartre(at)univ-angers.fr

En contraignant les politiques publiques à s’ouvrir à la participation des populations, la CEP impose aux institutions la rencontre d’une autre expertise : celle des habitants, des associations, des acteurs économiques, etc. Mais, dans cette perspective, les branches du droit français contribuant le plus à la fabrique du paysage (droits de l’urbanisme, de l’environnement et du patrimoine) intègrent inégalement la prise en compte de l’expertise citoyenne dans la gestion des paysages. L’ancienneté de certaines législations, telles la loi du 31 déc. 1913 relative aux monuments historiques ou celle du 2 mai 1930 relative aux sites et monuments naturels, explique en partie le peu de concertation formelle (au mieux une enquête publique). D’autres, au contraire, appliquent une forme de concertation relativement libre, du Plan Local d’Urbanisme à la récente Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine. Néanmoins, au-delà - ou parfois au sein même - de cette démocratie participative, l’expertise apportée par la société civile peut se trouver marginalisée par un jeu d’acteurs institutionnels dominé par certains sachants ; élus et services territoriaux passent en effet les contributions citoyennes à la moulinette d’un monopole décisionnel fondant la démocratie représentative, mais eux-mêmes sont parfois déclassés par les services de l’Etat (et leurs propres experts scientifiques : Architectes des Bâtiments de France et Inspecteurs des sites) dans le cadre d’une « décentralisation du paysage » pour le moins inachevée. En raison de ces concertations imparfaites, le risque est grand de voir valider des choix paysagers inappropriés à la bonne gouvernance des territoires qui en sont pourtant le support. La communication reposera sur une analyse de plusieurs procédures juridiques affectant notablement le paysage afin d’en mesurer les capacités de mutualisation des expertises scientifiques offertes tant par les décideurs publics que par les populations vivant les paysages au cœur de ces politiques.

Mots clés : droit, concertation, urbanisme, environnement, patrimoine

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S2-14h25 [29.] Perceptions et représentations du paysage urbain à l’épreuve des politiques urbaines

E. Bailly
Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
Pôle Scientifique et Téchnique Descartes - Bâtiment « Le Bienvenüe » - Plot A – 5ème étage, 14 bd Isaac Newton – 77420 Champs sur Marne, France

emeline.bailly(at)cstb.fr

Le paysage est de plus en plus valorisé dans les projets urbains en Europe et aux États-Unis, au point d’apparaître comme une nouvelle marque de fabrique urbaine durable. Les politiques publiques menées dans deux quartiers périphériques de New York (Melrose – Bronx) et Paris (Ile St Denis/ St Denis Confluence) révèlent un idéal de ville nature, qui renouvellerait l’image de territoires déqualifiés. De même, l’ambition publique insiste sur le développement d’espaces de nature censés « faire espace public », symbolisant une nécessité de nouveaux types d’espaces collectifs/publics, appropriables, habitables dans un contexte de problématiques environnementales et de perte de l’essence publique des villes. Paysage et espaces paysagers apparaissent dès lors perçus comme une composante de l’urbanité des villes, en tant qu’ils traduiraient une occasion de repenser l’espace public, la citoyenneté (vie politique), la citadinité (vie urbaine), la civilité (vie sociale).

Parallèlement, l’individualisation des pratiques sociales et la diversification des modes d’investissement spatial des citoyens conduisent à une plus grande hétérogénéité des perceptions, des représentations et des significations attribuées à l’espace urbain. A partir, des résultats d’enquêtes-promenades réalisées auprès des usagers de ces deux quartiers périphériques, nous présenterons d’abord les catégories de perception et de représentation mobilisées, la grille de lecture permettant la composition d’un ensemble de signes et significations à même de « faire paysage urbain ». Nous interrogerons ensuite l’écart entre les représentations des habitants et celles des politiques urbaines à l’œuvre et en quoi celui-ci questionne les modes d’actions publiques en termes de conception urbaine mais aussi de participation avec la société civile. Plus largement, nous nous questionnerons sur la possibilité de susciter la composition d’un langage des paysages par de multiples lecteurs, récepteurs, concepteurs, à même de pouvoir reconsidérer l’urbanité et l’habitabilité des lieux et de réconcilier les espaces aménagés avec ceux perçus, vécus, imaginés.

Mots clés : paysage, perception, représentation, participation, conception urbaine durable

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S2-14h45 [31.] Getting acquainted with their landscape: research by design as a tool to understand people's perception of current and future landscapes

P. Vervoort, A. Pisman
Ruimte Vlaanderen, Spatial Development Department Flanders
Koning Albert II-laan 19, 1210 Brussel, Belgium

peter.vervoort(at)rwo.vlaanderen.be, ann.pisman(at)rwo.vlaanderen.be

In a current neoliberal policy setting, spatial planning tends to emphasise the achievement of policy intentions through the realisation of actual spatial interventions and the growing importance of citizens as spatial actors. Landscapes are the actual arenas where different social activities compete and spatial interventions take place. The latter results in alterations of the character and appearance of these landscapes, and thus it will affect quality of the immediate environment of individual citizens.

Knowledge of people’s perception of landscapes to comprehend landscape characteristics and underlying quality is crucial to assure spatial interventions can take them into account and at best enhance them. Determining quality of actual landscapes however is not obvious, let alone finding a consensus on the way this quality can be maintained or enhanced when altering the environment. Experts for instance tend to have a different approach and vocabulary than laymen, furthermore it is not always easy to determine why people appreciate certain landscapes.

By case-study analysis and referring to literature the article points out the possibilities of research by design as a diagnostic tool to investigate people’s perception when altering landscapes. Confronting citizens with possible future developments of an actual landscape, can guide the way transformations could take place while maintaining or enhancing the existing quality or an image of a future landscape quality can be established. The methodology can also give more insight into the current qualities of the landscape as it discusses possible effects of certain spatial interventions.

Research by design could bridge the gap between experts and laymen as it uses an imaginative communication. The deliberative process can also improve the mutual understanding of the appreciation of landscapes by various spatial actors. The latter could result in new allies and an increased involvement in the spatial interventions and the enhancement of landscape quality.

Keywords: research by design, landscape quality, perception, spatial interventions

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S2-15h25 [32.] La Convention européenne du paysage au prisme d’une recherche-action de médiation paysagère en Val de Loire (Villandry)

D. Montembault*, H. Davodeau*, E. Geisler*, L. Leconte*, A. Luginbühl**, F. Romain*, M. Toublanc*** * Institut National d'Horticulture et de Paysage, Agrocampus Ouest centre d'Angers,
2 rue Le Nôtre, 49045 Angers, France.
**Association "Passeurs", France. ***Laboratoire LAREP de l'ENSP Versailles, France.

david.montembault(at)agrocampus-ouest.fr

Cette communication se propose de questionner deux apports majeurs de la Convention européenne du paysage.

Le premier est l’articulation qu’elle construit entre paysage et démocratie : initié par le Conseil de l’Europe dont la mission est de promouvoir les valeurs démocratiques, cette convention associe les enjeux de paysage aux enjeux de la démocratie locale. Elle fait la promotion des démarches participatives pour conduire l’action publique paysagère, sans toutefois donner un contenu précis à cette participation par et pour le paysage.

Cette absence de définition est d’autant plus remarquable que l’autre apport majeur de ce texte réside dans les définitions terminologiques qu’il propose sur plusieurs notions-clé de l’action publique paysagère : paysage, objectifs de qualité paysagère, politiques publiques du paysage (protection, gestion, aménagement des paysages).

Notre communication cherchera à illustrer et questionner ces deux dimensions de la convention européenne du paysage à partir d’une démarche de médiation paysagère actuellement mise en œuvre par des chercheurs et/ou paysagistes dans le cadre d’un programme de recherche (volet « paysage et participation » du programme « Paysage et développement durable », financé par le Ministère de l’écologie – France) sur une petite commune du Val de Loire (avec le soutien de la mission Loire UNESCO).

Dans un premier temps elle permettra de décrire un processus en cours de projet de paysage participatif (2012/2014) en s’arrêtant sur les objectifs, les phases, les outils, les limites de cette démarche. Dans un deuxième temps, la communication éclairera avec un point de vue critique chacune des définitions des termes de la CEP au regard des premiers résultats issus de la recherche-action (enquêtes individuelles auprès des habitants, puis ateliers collectifs).

Pour davantage d’informations sur l’expérimentation : www.villandrypaysage.fr

Mots clés : paysage, participation, projet de territoire

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S2-15h45 [33.] Les paysages à forts enjeux patrimoniaux en France et la réalité de leur appropriation par la population

E. Gillet Lorenzi
Espace, Nature et Culture (ENeC), UMR 8185-CNRS, Paris IV Sorbonne
Université de Reims Champagne Ardenne - IUT Troyes, 9 rue Québec, 10000 TROYES, France

emmanuelle.lorenzi(at)wanadoo.fr

Depuis les années 1960 les dispositifs patrimoniaux français s’intéressent non plus aux seuls monuments mais aussi à des « morceaux de ville » remarquables. Ces dispositifs, relevant de la technique de la planification urbaine, permettent la mise en œuvre d’une véritable stratégie territoriale de sauvegarde et de mise en valeur de ce paysage spécifique entendu comme « une partie du territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations ».

Pour ce faire, les instruments créés tendent à donner une place de plus en plus importante à la participation du public. L’efficacité des méthodes visant à donner une place centrale à la parole des habitants constitue alors un enjeu majeur : la stratégie territoriale ne peut s’avérer réellement efficace sans sa perception et son appropriation par la population locale, actrice et bénéficiaire privilégiée des dispositifs. Les difficultés inhérentes aux processus d’écoute des habitants, à leur participation à l’élaboration des décisions puis à leur mise en œuvre, sont-elles réellement surmontées ?

En appuyant nos propos sur une étude réalisée à l’échelle d’un quartier test français, nous analyserons, la réalité de l’appropriation de la valeur patrimoniale effectivement réalisée. Les résultats seront ensuite mis en perspective grâce à un comparatif avec d’autres pays européens au premier rang desquels la Pologne. A partir des résultats obtenus, nous présenterons, pour finir, nos propositions visant à assurer le maintien d’un lien indispensable entre les aspirations des populations et les stratégies territoriales développées par les décideurs locaux et visant à construire, protéger et mettre en valeur un paysage.

Mots clés : paysage, patrimoine, participation, identité, habitants

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S2-16h05 [36.] Vers une meilleure intégration des Observatoires Photographiques du Paysage (OPP) dans la gouvernance territoriale : de l’OPP des experts à l’OPP des habitants ?

C. Guittet, L. Le Dû-Blayo
Université Rennes II, UMR ESO 6590
Place du recteur Henri Le Moal, CS 24307, 35043 Rennes cedex, France

caroline.guittet(at)uhb.fr

Les Observatoires photographiques du paysage qui se sont multipliés depuis les années 2000 en France et en Europe connaissent un regain considérable pour analyser « une partie de territoire telle que perçue par les populations ». Ayant comme vocation initiale d’étudier les évolutions factuelles du paysage à partir de photographies répétées dans le temps, ils deviennent aujourd’hui un support de médiation entre les populations et les acteurs locaux notamment par le biais d’enquêtes et/ou de démarches participatives. Ces expérimentations apportent des clefs de lecture pour appréhender les représentations individuelles, collectives, locales et globales sur les dynamiques paysagères. Elles donnent également des pistes de réflexion pour animer des instances de concertation vers une meilleure intégration des populations dans les projets de territoire.

Après une présentation succincte des innovations techniques, thématiques et participatives des OPP en France et en Europe, il s’agira, dans un premier temps, à partir d’une étude ciblée sur le territoire breton, de présenter le projet « OPP-Breizh », plateforme des OPP mutualisée entre différents porteurs OPP et qui ouvre à des démarches participatives. Puis, nous verrons comment les OPP peuvent devenir un support de médiation auprès des acteurs du territoire pour analyser les représentations sociales du paysage. Enfin, il sera proposé de mettre en perspective des méthodes d’intégration des OPP dans la gouvernance actuelle et future avec un triple enjeu :

- le suivi des paysages à insérer de manière plus favorable dans les documents de planification (Schéma de COhérence Territoriale, Plan Local d’Urbanisme Intercommunal, etc.) et dans les politiques sectorielles (Schéma éolien, Schéma Régional de Cohérence Ecologique, Trames Verte et Bleue);

- la sensibilisation des populations aux évolutions paysagères et l’analyse de leurs représentations ;

- l’incitation à mettre en œuvre des projets locaux vers une co-construction du territoire.

Mots clés : OPP, dynamiques paysagères, représentation, gouvernance, médiation

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S2-16h25 [19.a] Paysage, tu es mien lorsque je te vis ou enjeux territoriaux des paysages wallons à travers les regards sociaux

T. Pons, M.-F. Godart
Université Libre de Bruxelles (ULB) - Institut de Gestion de l’environnement et d’aménagement du Territoire (IGEAT)
Avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles, Belgique

tpons(at)ulb.ac.be

En réponse à la Convention européenne des paysages, la Wallonie en Belgique a entamé des travaux de caractérisation des paysages à travers notamment l’élaboration d’une collection d’atlas. A ce jour, six ensembles paysagers ont été couverts. Notre intervention vise à exposer dans les grandes lignes la manière dont ces atlas sont élaborés et en quoi ils peuvent servir d’outil de sensibilisation, de caractérisation et d’aménagement du territoire. Notre objet d’étude se base tant sur les paysages ruraux, urbains que forestiers et mobilisent une méthode, des enseignements et des enjeux spécifiques. L’approche pluridisciplinaire nous amène à considérer les habitants et acteurs qui évoluent dans les régions étudiées.

Le paysage n’existe que parce qu’il est vu. Nous pourrons entendre comment les acteurs des régions couvertes par les atlas vivent les paysages. Nous présenterons les éléments paysagers auxquels les observateurs sont les plus attachés. L’analyse d’une centaine d’interviews auprès d’un panel d’acteurs – professionnels et habitants – révèle que l’espace n’est jamais un substrat neutre, mais qu’il prend sens selon l’histoire personnelle des individus et dans l’histoire des hommes dans ce même territoire. Il apparaît ainsi qu’un paysage apprécié est choisi parce qu’il relève d’une composition d’attributs alliant autant des aspects physiques, émotionnels, que de lien social. Ces liens subjectifs renvoient à des enjeux qui peuvent être confrontés à l’analyse objective des paysages. Ces études montrent également les ambivalences qui émanent de cet attachement au paysage, qu’il n’est pas toujours reconnu et que des conflits d’usages et de perception sont aussi la matérialisation d’une lutte pour le territoire, pour l’espace et une certaine qualité de vie avec tout ce que ce terme comporte comme attentes.

La présentation se basera sur les six ensembles étudiés à ce jour et les témoignages de 130 acteurs : L’Entre-Vesdre-et-Meuse – Les Plateaux brabançon et hesbignon – Le plateau condrusien – La Haine et la Sambre – Le Haut plateau Ardennais – Le plateau de la Thiérache.

Mots clefs : paysage, sensibilisation, atlas, liens et enjeux, perception

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S2-16h45 [45.] Lire les relations entre espaces bâtis et espaces ouverts pour comprendre les paysages des franges urbaines

S. Bonin, M. Toublanc, B. Moppert, T. Drulé , C. Ricou, R. Raymond, M.-A. Germaine
Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles
ENSP, 10 Rue Maréchal Joffre, 78000 Versailles, France

s.bonin(at)ecole-paysage.fr

L’élaboration d’objectifs de qualité paysagère, tels que les entend la Convention Européenne du Paysage, est une gageure particulièrement intéressante pour les espaces périurbains, à la recherche de requalification. Ceux-ci en effet, du point de vue de leur reconnaissance paysagère, oscillent entre des images franchement dégradées, de la « ville insoutenable » pour reprendre le titre d’un ouvrage collectif, et des images contradictoires portées notamment par les municipalités concernées revendiquant une identité de « ville à la campagne ». Des travaux de géographes ou de sociologues sur le périurbain montrent cependant que les habitants de ces espaces leur reconnaissent certaines qualités paysagères. Celles-ci sont notamment liées à la proximité avec des espaces ouverts, boisés, agricoles ou naturels (lacs, rivières, reliefs). Une équipe de chercheurs a donc choisi de s’intéresser à une caractérisation typo-morphologique de ce contact entre espaces bâtis et espaces ouverts, afin de dégager des critères objectifs, mesurables, rendant compte à la fois de la morphologie de ces espaces en limite, et de leurs usages potentiels (relations sensibles et pratiques). La proposition soumise ici vise à exposer la construction de cette méthode typo-morphologique, qui a été pensée de façon à pouvoir être ajustée et donc s’appliquer à des contextes géographiques très variés. On abordera notamment son expérimentation sur un terrain à l’île de la Réunion. La prise en compte de ces formes paysagères dans les atlas de paysage sera questionnée, à partir des méthodologies des atlas élaborées en France, et de l’exemple réunionnais qui dispose d’un atlas très récent. L’outil proposé par les chercheurs sera enfin discuté, à la fois dans ses présupposés quant à la relation entre des formes, des pratiques et des perceptions, et dans une perspective d’aide à la décision pour les politiques d’aménagement de ces espaces situés sur les « fronts » de l’urbanisation.

Mots clés : périurbain, paysage, lisière, front urbain, typo-morphologie

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S2-17h05 [46.] Exploring the multi-faced gap between the ELC statements and lay people visions: a case study in the Venetian plain (North-eastern Italy)

B. Castiglioni, V. Ferrario, C. Geronta, A. De Nardi, C. Quaglia
University of Padua
Dipartimento di Scienze Storiche, Geografiche e dell'Antichità, sez.di Geografia, via del Santo, 26 - 35123 Padova, Italy

etta.castiglioni(at)unipd.it

About ten years ago the authors carried out a research in the Venetian dispersed city (Castiglioni, Ferrario, 2007), aiming to investigate people’s landscape perceptions of an ordinary landscape par excellence, through field observation and interviews. What emerged was a strong attachment to the places of ordinary life, with a simultaneous feeble consideration of “landscape” as a significant reference in people’s everyday life. The statement “Here there is no landscape” synthesizes this approach, that seems to be far away from the statement of the ELC.

In this paper we discuss how this gap could be addressed exploring the different ways in which people assign value to their place of life. This is what we attempted to do, through a second survey in the same place, analyzing how both landscape and people’s perceptions have changed after ten years. The main topics investigated have been the same of the first wave: the inhabitants’ relationship with their place of life, the identification of the places perceived as the most important for the community and for each inhabitant, their perception of landscape changes of the last years, their general landscape evaluation at a local scale, and the meanings attached to the word “landscape”. We notice that in ten years the inhabitants’ point of view has essentially remained the same, confirming the difficulties in applying the ELC statements to everyday-life landscapes in the study area. The research adopts and compares qualitative (semi-structured interviews) and quantitative (closed ended questionnaires) methodologies; preliminary results allow to explore their effectiveness in highlighting the different criteria through which people attribute values to landscape. Taking into account the gap we detected between the ELC statements and lay people visions, we argue that knowing in greater depth these criteria is preliminary to setting coherent decision making tools and processes.

Keywords: landscape perception, landscape values, ELC implementation, Venetian dispersed city

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